Ophélie David raconte sa fin de saison et son confinement

Une fin de saison précipitée à l'Alpe d'Huez

Où est-ce que se passe ton confinement ? 

Je suis sur Grenoble. 

Que t’inspire cette période avec une partie de la population qui s’est retrouvée confinée d’un coup d’un seul ?

Les vacances de février venaient de se terminer, à l’Alpe d’Huez il y avait des bruits de couloir qui disaient que le Festival Tomorrowland allait être annulé, on apprenait que le virus se répandait et du jour au lendemain on a dû baisser le rideau. L’hiver était terminé.

Conséquence directe pour pour toi : tu organises en fin de saison un événement qui s’appelle Les Ofé X Days qui a été annulé.

Oui on a décidé d’annuler parce que ça concerne les enfants. a la base tu prends zéro risque mais là en plus avec un virus qui traînait, avec des données qu’on avait pas, on a tout annulé. Donc on sera au rendez-vous l’année prochaine.

C’est une petite compétition pour enfants, tu peux nous parler de l’ambiance de cet événement ?

C’est une compétition qui accueille près de 120 à 140 enfants sur le weekend. L’idée c’est de leur offrir un parcours de skicross adapté en format réduit. Il s’agit d’un vrai skicross puisqu’on fait une calif’ un par un, et ensuite des run à 4, donc comme les grands. 

C’est quoi ton job maintenant que tu as mis fin à sa carrière en matière de compétition ?

J’enseigne en tant que monitrice de ski à l’ESF de l’Alpe d’Huez pendant les vacances et le reste du temps j’ai une boîte d’événementiel. 

Alors je voudrais qu’on parle d’un sujet qui te tient à cœur. Je t’ai beaucoup vu intervenir pendant les périodes où on a évoqué à la fois les violences faites aux femmes et les violences de manière plus générale dans le sport. 

Oui absolument. Le sport est quand même une belle école de vie. C’est un pilier dans l’éducation et l’évolution de chaque personne. C’est juste impensable que le sport devienne une source de malheur, de destruction et soit finalement une blessure à vif que certaines personnes doivent porter toute leur vie, parce que malheureusement ils ont croisé des personnes mal intentionnées. Donc moi qui suis amoureuse du sport et de ses valeurs, avec d’autres, on s’est mobilisé et on a profité de l’appel d’air qui a été fait autour de la publication du livre de Sarah Abitbol pour rebondir. Le monde du sport c’est de l’action et il nous a fallu défendre encore une fois les valeurs du sport, les jeunes qui suivent leurs idoles et s’engagent dans des voies sportives pour s’épanouir et pas pour se faire détruire. Le Ministère a été hyper réactif et il y a des choses très concrètes qui se sont mises en place.

On a beaucoup mis en avant les violences faites aux femmes, mais il y a d’autres sortes de violence. Les bizutages dans les équipes par exemple, c’est un sujet tabou.

Toute forme de violence, qu’elle soit physique, psychologique, quand une jeune fille ou un jeune homme se lance dans le sport, s’inscrit à un club et décide de faire de la compète, c’est pas pour être humilié, c’est pas pour être abusé. La plus belle arme c’est d’en parler, d’éclairer ces coins d’ombre où ces personnes malades arrivent à se glisser et à venir abîmer notre jeunesse. Si on aime le sport, on se doit de lutter contre ces abus avec beaucoup de force.

Dans cette période de crise sanitaire, on voit apparaître beaucoup d’action de solidarité. Tu en as repérées dans nos montagnes du côté de l’Alpe d’Huez.

Absolument. L’ESF a mis à disposition le chalet des enfants, l’a réaménagé pour que des bénévoles s’y retrouvent pour confectionner des masques. Une vingtaine de bénévoles qui se relaient ont fait sortir hier une centaine de masques de ces ateliers. Salomon a aussi mis son district innovation à disposition pour sortir 90000 masques très prochainement.

On est tous unis par ce cycle de l’eau car elle se cache absolument partout

Toi tu n’as pas attendu cette période de crise sanitaire pour mettre en place de belles actions autour du respect de l’environnement et du développement durable.

Oui je suis ambassadrice depuis 10 ans pour une association qui s’appelle la Water Family. L’idée c’est de sensibiliser et d’apprendre les bons gestes pour protéger l’eau sous toutes ses formes. En tant que skieuse, je skie dessus. Mais on est tous unis par ce cycle de l’eau car elle se cache absolument partout. On la touche physiquement, quotidiennement mais elle est aussi dans nos objets du quotidien comme le téléphone avec lequel je te parle et aussi dans notre nourriture. Donc toutes nos actions ont une incidence directe sur la préservation de cet élément vitale. On est fait de 70 pourcents d’eau, donc prendre soin de l’eau sur la planète c’est prendre soin de nous et surtout de ceux qu’on aime.

Comment le public peut participer et aider cette association ?

Déjà en allant sur le site et en se familiarisant avec les actions pédagogiques essentiellement tournées vers les enfants. Mais il y a aussi plein de petits tips, plein d’ astuces qui feront la différence. Car ce n’est pas un grand bouleversement du quotidien mais plutôt l’addition de plein de petits gestes permettra d’économiser physiquement l’eau.

Pour conclure, quels vont être tes projets à la sortie du confinement ?

Je t’avoue que j’ai du mal à me projeter. Je suis comme plein de Français : j’attends le plan de déconfinement. J’aimerai assez rapidement pouvoir aller en Corse où habitent mes parents. Ils ont un terrain et il y a toujours beaucoup de boulot physique parce que c’est presque une petite ferme. Ils ont donc besoin de bras. Donc je me languis d’y être et de les aider, de se retrouver en famille. Des choses simples !